Arlt – Nue comme la main

Arlt chante à deux: voix d’eau (Eloïse Decazes) et voix de terre (Sing Sing) comme des haikus tournés mantras contrariés. Leur incandescente austérité fait des trucs. Toutes les chansons sont des chansons d’amour et Arlt l’a compris qui décline ça sur tous les tons menacés, inquiets, bagarreurs, hésitants, rieurs, étonnés. Avec pour décors les éboulis de pierres et des accidents d’oiseaux. La guitare de Sing Sing est une sauterelle blessée, sèche comme une porte sur les doigts, ressassant blues paranormaux, folklore insituable et pop bercée sans casque un peu trop près des murs qu’on sait.

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Decazes, impassible, aimante, larguée ou colère, bricole à cœur ouvert des orages et des aubes claires. Ce sont des berceuses, des litanies, de soudains décollages verticaux (épiphanies/évanouissements). L’autre râle, persifle, dérape, grogne, hulule et chante faux. C’est charmant.
Guitariste borgesien, Mocke prête main forte à Arlt (creuse des galeries, des passages secrets, invoque, convoque puis rature le tout de fausses citations).
Tour à tour abstrait, impressionniste, docteur en ready-mades de rien, il recycle en arrière-fond spectral lambeaux de jazz oblique, polyrythmies déglinguées, baroquismes divers.
(facebook)

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