Enfin un « Type normal » dans le clip du vendredi!

Baptiste Lalieu, alias Saule, est un géant de près de 2 mètres – d’où son nom d’artiste et le titre de cet album – qui nous vient de Belgique.
Bien sûr, Saule a déjà publié deux albums très réussis qui lui ont assuré une petite place dans le cœur du public. Mais Géant est un nouveau départ, une bouffée d’air frais qui extirpe le chanteur de l’atmosphère un peu confinée de la nouvelle chanson française pour le voir explorer de nouveaux territoires, aux confluents de deux cultures qui s’ignorent trop souvent: le rock anglo-saxon de ses premières amours musicales adolescentes (Jeff Buckley, Radiohead) et la chanson de qualité dans laquelle il baigne depuis sa plus tendre enfance (Brassens, Gainsbourg). Réalisé par Charlie Winston, Géant est un album libéré, sur lequel Saule se lâche et trouve enfin sa voie, unique et originale, mais aussi sa voix, sublime et ensorcelante.

Saule type normal

L’album, enregistré dans un studio de l’ouest parisien, La Frette, avec les participations de Ché, batteur anglais, et Thomas Semence, guitariste que tout le monde s’arrache (Aubert, Raphael, Keren Ann), est d’une richesse inouïe, presque inépuisable. Du premier titre, Home Sweet Home, d’une douceur absolue où la voix de Saule tutoie des hauteurs rarement atteintes depuis la disparition de son héros, Jeff Buckley, au dernier, Vieux, d’une mélancolie terrassante, les sonorités s’entremêlent et s’enchainent de manière décoiffante.
L’humour de Saule est toujours présent, comme sur l’ambivalent Chanteur Bio, qui allie riff à l’anglaise et texte caustique, ou sur Type normal, un futur hit à la mélodie évidente, petite merveille d’autodérision sur l’absolue banalité de la vie du chanteur… Sur Le Bon Gros Géant, le rire vire au jaune, et l’autoportrait tendre et acide, évitant le pur règlement de compte, tourne à l’apologie de la différence, quelle qu’elle soit. Ailleurs, la veine est plus rêveuse, comme sur Rien que pour soi ou Just a Song, magnifiques et troublantes, portées par une voix pure et légère. Saule ose même se lancer dans un passage a cappella de toute beauté (Buckley encore…), et chose rare par chez nous, il en a les moyens, à l’image d’illustres aînés comme Polnareff ou Christophe. La richesse de l’album est enfin parfaitement illustrée par une chanson tragique et bouleversante sur l’usure amoureuse, L’inventaire de notre amour, envoyée, et c’est là toute son originalité, sur fond derock implacable et haletant.
Sans avoir l’air d’y toucher, Saule vient de réaliser une œuvre majeure et fait entrer un joli courant d’air frais dans notre chanson française. Ce garçon n’a pas fini de faire parler de lui, ce premier pas de Géant en est la preuve. (saule.be)

Vous avez hurlé devant Elvis
Devant Lennon, ou bien devant Janis
Marilyn Monroe qui nous montre un bout de cuisse
Et c’est la terre entière qui a le poil qui s’hérisse

On a fondu devant les yeux de James Dean
Les chanteurs latinos à la Ricky Martin
Aujourd’hui on fantasme devant des androgynes
Qui s’dandinent dans des pubs où ils enfilent des jeans

Et moi, et moi, et moi
Dans la liste, j’suis tout en bas
Et s’il fallait me décrire
J’pense que ça m’ferait pas plaisir

J’ai des kilos en trop
Et des poils disgracieux
J’suis pas beau, j’suis pas laid
J’suis juste entre les deux
J’suis un type normal
Un type normal
Un type normal
Tout c’qu’il y a d’plus normal

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